10 ans paroisse "St. Augustin" de Solla un regard en arrierre

11.01.2016 12:28

Quand nous regardons dans le passé, nous voyons les montagnes de Kufalo, Kuyopè et Assereyopè, habitées par deux peuples différents et un peu plus loin les montagnes de Lama. Entre elles s'étend une large plaine, parsemée de Nérés, Karités, Baobabs ou d'autres arbres parfois regroupés en une petite forêt ou se cachent des bêtes sauvages. Bientôt, c’est ici que les peuples vont s’entremêler, fraterniser et se disputer. Il s’agit des Piyopè, des Kuhama, des Lama, des Lugba, des Tamberma, mais aussi plus tard des groupes des Kotokolis, Fodos, Ewés et Kabyès,. Tout cela va former un jour la paroisse "St. Augustin" de Solla où il n'y aura pas de "juif" ni de "grec", ni de circoncis, ni d’incirconcis, mais seulement le Christ et des chrétiens.

Le vieux Antoine nous raconte qu'on dit qu’un jour, est arrivé une fois un homme habillé en blanc accompagné d'autres hommes. Il allait de maison en maison et sur son passage, il saluait, il souriait et bénissait tous ceux qu’il rencontrait. Puis il demandait le chemin et disparaissait.

On dit que Jésus était déjà là avant l’arrivée du premier missionnaire. Et c’est  vrai. Il n’y a aucun peuple où Dieu n’agit pas depuis longtemps, auquel Dieu ne donne pas sagesse et aide ceux qui cherchent le bon chemin.

Mais en vérité c'est seulement vers 1942 que le père Antoine Brungard est arrivé sur la montage Kuyopè pour annoncer la Bonne Nouvelle du Seigneur Jésus-Christ qui est la lumière et le sauveur pour le monde tout entier. On dit que ce père alsacien vivait lui-même comme Jésus, dans une pauvreté missionnaire. Il  se déplaçait à pied d'un village à l'autre, très exigeant quand il s'agit de magie et de fétichisme, mais plein de compassion pour les malades, les enfants et les faibles. Ses premières œuvres sur la montagne de Solla et de Boufalé furent des écoles construites en case ronde ou des apatames  avec le maître Daniel Soukouna de Siou  comme maître catéchiste et un petit dispensaire avec M. De Souza comme infirmier au pied de la montagne. Comme chez Jésus, les mauvais esprits fuyaient. Antoine Manabé, qui fait partie des premiers baptisés du 22 Février 1949 et qui a reçu le nom de son curé peut en témoigner: « Quand le père Antoine Brungard était au village tout le monde dormait bien ».

C'était le chef Atakou qui l'a accueilli pour la première fois, qui a accepté d’envoyer ses enfants à l'école et qui venait lui aussi le dimanche à la célébration de la messe P. Antoine Brungard   qui se faisait dans le même bâtiment entre Kuyala et Kutchintchiré sur la montagne de Kuyopè.

Après Antoine Brungard, ce fut  le père Jean Angst, curé de Siou et ancien vicaire de ce dernier et puis le curé de Pagouda, le père Joseph Roth qui a envoyé des hommes de Dieu  ou prêché lui-même à Solla et à Boufalé.

A Boufalé, dans le royaume du grand chef Koumaï, là aussi, déjà le père Antoine avait commencé par fonder une communauté. Le premier bâtiment existe jusqu’à nos jours à Kagningada, construit en pierre de la montagne avec des murs bien épais. Depuis plus de 50 ans, elle témoigne la foi du peuple Kufalo qui a déjà donné deux prêtres à l'Eglise notamment le père Moïse Akey, ordonné le 29 décembre 1998 et le père Gabriel Dadja, ordonné le 29 juin 2014.

Sous la responsabilité du P. curé  Joseph Roth et de son vicaire André Fleith, la station de Banwaré est née parmi les Kuhama qui vivent derrière la rivière. Tout le monde était en joie à cause de ce changement de mentalité et surtout son jeune catéchiste François Etchatcha.  C'est pourquoi on lui a donné le nom "Conversion de St. Paul".  Personne ne pouvait s’imaginer qu’un jour  les Sœurs de la Providence de St Paul allaient choisir cette station pour s’installer. Ce qui fut fait en 2006 avec la toute première communauté des Sœurs de la Providence de Saint Paul sous la direction de Sr. Sophie Abala. L’image de la Ste. Elisabeth sur le mur  de ce foyer en train de distribuer les vivres aux pauvres  montre le chemin.

Déjà dans les années 70 on a assisté à la naissance d'un grand marché international à Madjatom, qui signifie : «je ne veux pas d’histoires » mais le commerce dans la paix. Le vieux Matthias, catéchiste de Boufalé, a commencé l’enseignement. Des jeunes comme Ambroise Gnakou et Paul Kouyabou  l’ont suivi. Avant tout, entre 1989 et 1993, on a fait un grand effort d'évangélisation. Avec des personnalités comme maman Leontine Mousina, Roger Tao, Joseph Simna et l'actuel catéchiste Emmanuel Simdé,  Madjatom est devenu une grande station, dont la première chapelle inaugurée en 2000 par le P. Pierre, curé de Pagouda, déborde à tel point qu'il fallait entamer la nouvelle construction. On a l'impression que c'est vraiment le sang des martyrs qui féconde ce sol pour la foi parce que après Charles Lwanga et ses compagnons on a choisi Benedict Daswa, le nouveau martyr sud-africain comme patron de la future maison de Dieu à Madjatom. L’on souhaite qu'elle devienne un signe et sanctuaire pour tous ceux qui veulent fuir l'obscurantisme, le soupçon facile et la panique semée par les païens pour vivre dans la lumière et la droiture du Christ comme l'enseignait le catéchiste, le bienheureux  Benedict.

Les chrétiens du peuple Lama, souvent  originaires de Kagnissi, sont basés à Madjatom et surtout  à Binanoh, village où a œuvré le vieux catéchiste Nestor Moussounyaro, décédé le 2 Janvier 2013 (que le Seigneur lui accorde le repos éternel). C'était un catéchiste qui a suivi un appel de quitter son domicile près d'Anié et de se donner au travail missionnaire dans une nouvelle station. Plus tard après la fondation de la paroisse, on aura encore l'exemple de Pascal Kedzie de Melmessedé (Ketao) qui est devenu un pilier de la paroisse. Le dernier qui vient renforcer notre équipe est le jeune Ignace Dahomava qui se bat à l'extrême nord à Yomdé.

L'année 1988 Mgr. Chrétien Bakpessi a nommé le père polonais Pierre Warzecha curé de Pagouda. Il devait beaucoup aimer Solla, parce que tout de suite il a commencé la construction d'une nouvelle chapelle d'un style unique très remarquable. Après de longues années de négligence à Solla, ou Lucien Farou a réussi à fonder une station voisine à Tiningou, Solla a obtenu finalement un nouveau jeune catéchiste, Pascal Gnengou qui a commencé  au cours des année 1990 son travail de fond parmi un peuple qui fait souvent deux pas en avant et un en arrière. Ste Monique, dont la nouvelle chapelle porte le nom, continue  pleurer et prier pour la conversion. Personne ne savait qu’un jour elle va nous amener son fils, Augustin, le grand docteur et défenseur de la foi catholique comme patron.

Il a fallu encore 15 ans d’attente pour   voir la création de la paroisse. Beaucoup de jeunes ont lut-té ensemble avec des Vicaires de Pagouda comme les pères. Christian Rzeliga, Joseph Szotka, les polonais, et Gabriel Hozo, mais aussi le stagiaire et future père François Tiou qui reste toujours très attaché à ses stations d’épreuve. Presque à la même époque avec les vicaires Marius Pana et Marc Lakassi c’étaient les années où se multipliaient les mariages. On voit déjà bien l’action du futur aumônier des foyers chrétiens et du future exorciste. Tout le monde le sait : ce que le diable n’aime pas ce sont des foyers chrétiens avec la bénédiction et protection de l’Eglise où on s’aime l’un l’autre.

Pendant plus que 20 ans, les Frères de Campagne de Massedena, des vrais prêtres ouvriers-cultivateurs parmi les gens au village notamment le père Rémi Cachet avec son vieil engin tout –terrain Yamaha, venait deux fois par mois pour la messe.

Peut-être la détermination et la foi de M. Jean-Marie Kagbara de la famille du chef Atakou, qui n'a ménagé aucun effort et d'encre ont donné le dernier coup de pouce pour la décision de créer une paroisse dont le décret définitif de fondation a été signé par Mgr. Ignace Sambar Talkena en Janvier 2006. La concentration à Solla ressort d'une considération stratégique très sage, parce que tout le monde sait que la plupart du travail reste encore dans de nombreux villages au-delà de "Solla-Ville" où on ne connait pas encore assez  l'amour du Christ et l’on vit encore dans l’ignorance comme auparavant avec les rites sanglants et martiaux.